On ne peut pas changer l’autre.

On ne peut pas changer l’autre.
Voici une notion importante à creuser ensemble.

 

Dans nos demandes de prières très souvent nous avons des demandes dans ce style : « priez pour que mon fils se convertisse » ou « priez pour que mon époux arrête de boire de l’alcool. » Bien sûr, nous prenons toutes ces demandes dans notre prière, mais il y a un principe de base : on ne peut pas changer l’autre. Et même Dieu ne peut pas changer l’autre, il reste libre.

Le jeune homme riche 
Souvenez-vous de l’évangile du jeune homme riche :  Jésus dit au jeune homme riche : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. » À ces mots, le jeune homme s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. Et Jésus dit à ses disciples : « Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le royaume des Cieux. (Mt 19, 20-23)

Nous voyons bien ici que même Jésus ne peut pas obliger le jeune homme à se convertir.

Dans notre vie de tous les jours il en est de même, souvent vous voudrions que notre prochain soit comme ceci ou comme cela. C’est un vœu louable mais nous ne pouvons pas obliger l’autre à changer. Cependant nous pouvons nous changer nous-mêmes et cela peut avoir une grande force. Qu’il s’agisse de changer nos habitudes ou de changer nos réactions face aux “défauts” de l’autre, l’impact sera plus fort. Par exemple en priant pour lui, ou en montrant l’exemple à suivre et plus encore en aimant l’autre tel qu’il est sans vouloir le changer. Saint Maximilien Kolbe nous dit : « Seul l’amour est force de création » Comprenons que c’est uniquement en aimant l’autre inconditionnellement que nous pouvons obtenir un véritable changement en profondeur.

Dans la prière du OUI nous disons :
« OUI Père, j’accepte les autres tels qu’ils sont sans vouloir les changer,

Je Te confie totalement chacun et chacune afin que Tu t’en occupes. »

Sachons que lorsque nous prions pour notre prochain, aucune prière n’est perdue et que nous serons exaucés un jour d’une manière ou d’une autre, dans ce monde… ou dans l’autre.

Le fils prodigue
Comme autre exemple dans l’évangile du fils prodigue :  Jésus dit encore : « Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. (Lc 15, 12-13)

Première étape, j’accepte l’autre tel qu’il est. Nous pouvons imaginer la douleur du père qui donne la moitié de sa fortune à son fils et qui le voit quitter le foyer pour dilapider tout l’argent. Mais le père accepte, il répond à la demande de son fils. Ensuite nous pouvons imaginer que le père se met en prière en demandant à Dieu d’aider son fils et cela va passer paradoxalement par l’épreuve du fils.

Continuons la lecture : « Le fils avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait.  Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla donc vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. (Lc 15, 14-20)
Deuxième étape, face à l’épreuve, le fils est rentré en lui-même et il a décidé de changer. Cela est certainement le fruit de la prière du père mais c’est aussi le cheminement intérieur du fils. Et là nous touchons du doigt les limites de la prière mais aussi sa puissance.

Donc souvenez-vous bien que lorsque vous nous demandez de prier, nous allons prier, mais nous ne pouvons avoir d’obligation de résultat. C’est un accompagnement porteur de paix et d’amour, dans la tendresse et la miséricorde. Cependant nous allons prier avec vous de tout notre cœur, sachant que le Père exauce toujours ses enfants mais que nous devons entrer dans le temps de Dieu et dans sa Divine Volonté.

 

Que Dieu nous bénisse !

 

 

Thierry Fourchaud – Ordre des Franciscains Séculiers

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