Belle et sainte fête de l’Epiphanie !

Dimanche 8 janvier 2016 fêtons l’Épiphanie !

Devenir ADORATEUR à la suite des rois mages

Les rois mages sont méconnus.
Pourtant ces personnages bibliques ont beaucoup à nous apporter.
Comment ces savants, étrangers de surcroît, se mettent en route vers Bethléem ? Pourquoi suivent- t-ils cette étoile ? Pourquoi ont-ils déjà leurs présents ? Qui cherchent-ils ? Et surtout pourquoi veulent-ils se prosterner et adorer ce bébé qui vient de naître ?

Les rois mages peuvent nous aider à entrer plus profondément dans l’oraison et l’adoration. Apprenons à mieux les connaître et avec eux devenons des adorateurs en esprit et en vérité.

Un « Voici ta Mère » riche et profond.
Devenir adorateur à la suite des rois mages

1000 bénédictions pour vous et votre entourage !

Thierry F et l’équipe de La Bonne Nouvelle

8 rue Roger Lévy – 47180 Sainte Bazeille (France)
Tél: 05.53.20.99.86

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AUTOUR DE L’EPIPHANIE… L’HISTOIRE D’AZIA (le témoignage du week-end)

Sa maigre figure de petite fille misé­rable col­lée aux bar­reaux de la grille en bois doré, Azia suit de ses yeux tristes, un peu bri­dés, le remue-​ménage inso­lite du palais royal. Par toutes les portes, des ser­vi­teurs vont, viennent, courent, s’appellent ; dans la cour, d’autres apportent des coffres bar­dés de fer et des bal­lots d’étoffes pré­cieuses ; aux écuries, on har­nache le dro­ma­daire blanc du roi Mel­chior et les cha­meaux de sa suite.

Ça ne l’intéresse pas tel­le­ment, Azia… mais ça lui passe le temps. Ses jour­nées sont si longues, si longues, depuis qu’elle est toute seule en la grand-​ville, pau­vrette aban­don­née ! Elle était heu­reuse, voila quelques mois, dans la jolie mai­son rose aux ten­tures de soie, pleine de fleurs odo­rantes et toute chaude de la ten­dresse d’un papa et d’une maman. Mais une horde venue de l’Occident a détruit la mai­son rose et emmené cap­tifs le papa et la maman qui fai­saient tout son bon­heur de petite fille. Où sont-​ils à pré­sent ? Quelque mar­chand d’esclaves les aura ache­tés au chef bar­bare, et reven­dus Dieu sait où… La pauvre petite Azia ne les reverra jamais. Des larmes perlent à ses yeux, et son petit visage ravagé se contracte à cette affreuse pensée.

Mais sou­dain, les cym­bales et les harpes d’or la tirent de sa dou­lou­reuse rêve­rie. Tan­dis qu’elle revi­vait les heures ter­ribles, un cor­tège s’est formé dans la cour du palais : les cha­meaux sont char­gés, et la tente de pourpre sur le dro­ma­daire blanc attend le roi qui s’avance en grand apparat.

« Adieu, mes amis, dit gra­ve­ment celui-​ci lorsque, sur un signe de lui, les ins­tru­ments de musique se sont tus ; n’ayez nulle inquié­tude pour moi, j’ai vu dans le ciel de décembre l’Étoile de Celui qui vient pour ras­sem­bler ce qui est dis­persé ; je vais à Lui ».

Le cœur d’Azia a bondi ; une joie mys­té­rieuse la porte toute. Elle n’écoute plus la suite, elle n’a retenu qu’un mot qui chante dans son cœur et qu’elle se répète inlas­sa­ble­ment avec une grande espérance :

« Celui qui vient pour ras­sem­bler ce qui est dispersé… »

Celui-​là, peut-​être, sau­rait ras­sem­bler la famille heu­reuse, bru­ta­le­ment dis­per­sée par les bar­bares ? Il vient pour cela ; le roi Mel­chior l’a dit.

« Celui qui vient pour ras­sem­bler ce qui est dispersé… »

Une grande réso­lu­tion est entrée dans le petit cœur d’Azia ; elle ne rêve plus ; elle regarde bien tout le cor­tège du roi, les coffres, les ser­vi­teurs, les cha­meaux, et tout ; on dirait qu’elle cherche quelque chose.

« Tiens, se dit une minute plus tard le jar­di­nier qui l’avait remar­quée, la petite Azia n’est plus là. »
Et puis c’est tout : est-​ce qu’on s’occupe d’une petite incon­nue quand on est le jar­di­nier d’un roi d’Arabie ?

Ah ! bien oui !

Le jar­di­nier sûre­ment n’y pense plus.

Mais quelle révo­lu­tion, six semaines plus tard, dans le cor­tège du roi « des » rois…

Car ils sont trois main­te­nant : Gas­par, Mel­chior et Bal­tha­zar, qui se ren­con­trèrent en che­min, conduits par la même Étoile jusqu’à une pauvre bour­gade juive ou nous les retrou­vons, ravis et pros­ter­nés, devant un petit enfant radieux sur les bras de sa mère.

« Vive Dieu qui nous condui­sit ! » mur­mure Gaspar.

« Vive l’Enfant qui vient pour nous sauver !

– Soyez les bien­ve­nus », dit en sou­riant la jeune maman.

Au Petit Enfant, ils ont offert, déjà, leurs pré­sents : de l’or, de la myrrhe, de l’encens. Mais à sa maman, si aimable et si douce, Mel­chior veut offrir quelque chose aussi : un voile peut-​être, un léger tissu de soie de son pays ?

« Qu’on apporte les étoffes pré­cieuses. Madame Marie choisira. »

Sur le bal­lot que deux ser­vi­teurs ont déposé, Madame Marie se penche avec le roi Mel­chior. Mais tous deux ont le même recul de sur­prise : au cœur de ce bal­lot, une petite fille est endor­mie, pâle, maigre, et si triste.

Mel­chior ne sait s’il doit rire ou gronder.

Mais Madame Marie se penche à nouveau.

« Pauvre mignonne ! » dit-​elle en lui cares­sant le front.

Sous cette caresse, la fillette s’éveille, dou­ce­ment, dou­ce­ment, et ses grands yeux, sou­dain ravis, contemplent le Petit Enfant qui tend ses menottes et lui sourit.

La nou­velle s’est rapi­de­ment pro­pa­gée : les ser­vi­teurs des trois rois et les gens de Beth­léem se pressent sur le seuil pour aper­ce­voir la mys­té­rieuse petite fille. Une étran­gère même est là, une esclave de pas­sage avec sa maî­tresse qui va à Jéru­sa­lem, quand un double cri, sou­dain, domine le mur­mure de la foule :

« Azia !

– Papa ! »

La petite fille s’est élan­cée. Un esclave de Gas­par la reçoit dans ses bras et la couvre de bai­sers, tan­dis que l’étrangère, un ins­tant para­ly­sée par l’émotion trop vio­lente, s’élance aussi, bous­cu­lant tout le monde pour les rejoindre :

« Azia !… Moha­med !…

– Djella !

– Maman ! »

Azia passe des bras de son père à ceux de sa mère, ils sont trop émus pour par­ler ; ils s’étreignent tous les trois en pleu­rant de joie, et le Petit Enfant les regarde et sourit.

Dans la foule, des bruits cir­culent : on dit que Moha­med, venu d’Éthiopie avec le roi nègre, fut tout récem­ment acheté par celui-​ci à un mar­chand de l’Orient, et les Bet­blée­mites racontent que Gas­par et la maî­tresse de Djella, sur­ement, ne sépa­re­ront plus ceux que Dieu a si mer­veilleu­se­ment réunis.

Azia, elle, ne se demande point com­ment cela s’est fait. Pre­nant d’une main son papa et de l’autre sa maman, elle les amène tout près du Petit Enfant et dépose un gros bai­ser sur ses pieds en disant :

« Merci, je savais bien que Tu nous réunirais. »

Alors, les rois, avec tous les gens, chantent joyeusement :

« Vive Celui qui est venu ras­sem­bler ce qui était dispersé ! »

Rose Dar­dennes